L’émission Mise au Point du 23 août fait état d’un braconnage systématique du lynx en Valais. Diana Romande, société des chasseurs romands, tient à rappeler que chasse et braconnage ne sauraient être associés, et déplore tout acte illégal quel qu’il soit.

L’émission Mise au Point du 23 août dernier s’est intéressée à la question du lynx, laissant entendre qu’un braconnage systématique était en cours sur le territoire valaisan. Raison qui expliquerait la faible densité du félidé sur le territoire cantonal.

Diana Romande, Société des chasseurs romands tient a rappeler que chasse et braconnage ne sauraient être associés. La pratique de la chasse est basée sur une forme d’éthique, ainsi que sur le respect des lois en vigueur.

Par ailleurs, Diana Romande refuse le postulat selon lequel les chasseurs seraient opposés à la présence des grands prédateurs pour des raisons de concurrences. Le rôle de ces animaux dans l’écosystème ne fait aucun doute. Les problèmes de cohabitation, notamment la prédation sur les animaux de rente, ne doivent néanmoins pas être négligés.

Diana Romande regrette quelques lacunes de l’enquête de Mise au Point, qui n’explore que peu de sources. La conclusion s’appuie sur les travaux d’une seule équipe, sans chercher d’autre point de vue. Par ailleurs, les résultats en rapport à la densité de lynx du Valais ne sont pas mis en regard de ceux des autres cantons alpins, comme le Tessin et les Grisons, qui n’affichent pas non plus de présence plus importante du félidé sur leurs territoires. Chercher à comparer la densité du lynx entre les Préalpes vaudoises, le Jura et les Alpes relève d’un manque de rigueur.

De nombreux facteurs doivent être étudiés pour explorer un sujet aussi complexe que la répartition territoriale du félidé. La concurrence avec le loup, installé de longue date sur la rive gauche du Rhône, ainsi que la difficulté des déplacements d’une rive à l’autre en raison des structures telles que l’autoroute ou le Rhône en font partie. À noter que contrairement à la partie nord-ouest du canton, la Haute-Savoie voisine n’a que quelques rares observations récentes de lynx et que le val d’Aoste ne signale pas de présence avérée. Des observations qui limitent forcément les échanges favorables à l’accroissement de la population sur la rive gauche du Rhône.

L’étude menée par le Professeur Arlettaz, citée en référence aurait encore méritée une lecture plus attentive. Celle-ci mentionne en effet: « Notre interprétation de la densité (de lynx, ndlr) susmentionnée est que le braconnage a lieu dans tout le Valais à un niveau inconnu. (…) Par conséquent, si le piégeage du lynx n’est peut-être pas la seule cause (…), il y a certainement contribué. » Des propos qui relèvent que l’étude n’est pas véritablement en mesure d’affirmer ses hypothèses. Il est regrettable que les journalistes de la RTS ne l’aient pas relevé.

Au delà de ces aspects techniques, Diana Romande tient à rappeler que la loi révisée sur la chasse sur laquelle le peuple est appelé à se prononcer le 27 septembre prochain, prévoit notamment la restauration de corridors faunistiques d’importance nationale et suprarégionale qui favoriseront certainement les échanges génétiques de lynx, indispensables à la conservation du félidé. La loi révisée prévoit par ailleurs une protection accrue de l’espèce Lynx par rapport au texte actuellement en vigueur, contrairement à ce qu’affirment les opposants à cette loi.

Finalement, Diana Romande précise son attachement à la protection de la nature sous toutes ses formes, et son engagement en faveur de la biodiversité depuis 1882.