Le NON à la LChP révisée qui vient de sortir des urnes déçoit la fédération des chasseurs romands Diana Romande. Ce résultat signifie que le Parlement va devoir reprendre à zéro six ans de travail, et les agriculteurs de montagne se retrouvent sans solutions pour faire face à l’augmentation des grands prédateurs sur le territoire.

Après une campagne difficile et virulente, les urnes ont finalement parlé, et les référendaires à la révision de la Loi sur la chasse l’emportent à 51,9%. Ce résultat très serré, obtenu avec des moyens colossaux et en jouant la carte émotionnelle, n’est évidemment pas réjouissant pour Diana Romande. Le Parlement va devoir reprendre le dossier à zéro, et en attendant une nouvelle loi satisfaisante pour tous, les agriculteurs de montagne se retrouvent démunis face à la montée des grands prédateurs. Diana Romande respecte évidemment la décision populaire. Les adversaires à la révision de la loi avaient cinq fois plus de moyens que les partisans, pour gagner les quelques pourcents qui leur ont permis de faire la différence. Il était dès lors difficile de faire le poids financièrement.

Acceptée le 27 septembre 2019 à une large majorité par le Conseil national et le Conseil des États, cette loi a avant tout été révisée pour apporter une réponse à l’expansion des grands prédateurs en Suisse. ProNatura, le WWF Suisse, BirdLife Suisse, zoosuisse et le groupe Loup Suisse avaient attaqué le texte par voie de référendum, prétendant que la loi ratait ses objectifs de préservation de la biodiversité et de protection des espèces. « Nous regrettons que les montants consacrés à la campagne n’aient pas été investis dans des projets liés à la biodiversité et la protection de la nature » a déclaré Pascal Pittet, président de Diana Romande. Et de poursuivre : « Les référendaires n’ont pas hésité à utiliser des arguments fallacieux pour arriver à leurs fins. Les milieux de l’agriculture de montagne, ainsi que celui des chasseurs, ont été systématiquement dénigrés durant la campagne. Ce résultat vient malheureusement accroître le fossé ville-campagne, et démontre combien les soi-disant écologistes s’éloignent de la réalité du terrain. »

Agriculteurs et chasseurs ne vont évidemment pas baisser les bras et user de tous leurs moyens pour qu’une solution viable et durable soit trouvée pour garantir une bonne cohabitation avec les grands prédateurs. Les chasseurs vont par ailleurs faire tout leur possible pour mieux expliquer leur activité auprès des populations qui vivent éloignées de la nature. La défense des chasses traditionnelles aux petits gibiers, pratiquée de manière durable et responsable, va très probablement être le prochain combat à mener auprès de nos parlementaires. Il convient maintenant d’attendre le calendrier que va se fixer le Parlement pour reprendre ce dossier complexe.